Point ne suffit de samuser à jouer les demi-felins bottés, il faut de surcroît assumer et gentiment poster larticle tant attendu du lundi de Dolce Vita. Qui sest fait attendre, certes, mais nai-je pas jusqua minuit dernier carat, cachet de la poste faisant foi ?
Cette semaine, pas de chronique. La faute à EntreNewYork parce quil faut bien que ce soit la faute de quelquun dautre. Hier jai ete trainée, presque de force (arfarf), à un pique-nique. Attention, pas un pique-nique avec nimporte qui. Nonon. La crème de la crème. Un pique-nique EntreNewYorkais. Enfin surtout Entre Francais. Mais bon. Bref. Cetait tellement bien que je suis revenue chez moi avec un gateau à peine entamé et une grosse bosse sur la tête. (Cherchez lerreur). Et contente avec ca
.
Tout commence lorsque de petits francais tout frétillants de sentir le weekend approcher lancent cette joyeuse idée : Et si on se faisait un pique-nique dimanche a Central Park ? Cinq pages de forum plus loin, en une apres-midi un vendredi, était-il besoin de le préciser, vu lardeur des membres à répondre prestemment à toute suggestion culinaire, et lon se décide pour se retrouver sur le coup de 13 heures à Strawberry Field, Central Park. Evidemment tout ceci, cest sur le papier. En pratique les plus matinaux arrivent vers 13h30 et les autres suivent. Lheure darrivée peut varier de quelques heures selon le fuseau horaire sur lequel les convives ont reglé leurs neurones du weekend.
Grande hantise du francais. Que le pique nique états-unien ressemble à tout sauf aux bacchanales de leurs rêves
Heureusement le franchouille est aussi rusé que laméricain est borné en matière de loi il nous a suffi de quelques briques de jus dorange et autres subterfuges pour égayer le repas. El Pedro, chef patissier du jour ses croissants maison sont exquis nous avait pourtant bien rassurés. En effet, si lon se fait prendre la main dans le sac (à vin), on risque une amende. Mais si lon presente à lofficier de police son ID, alors on est *juste* convoqué au Tribunal. Cest vrai que cest rassurant, là, tout de suite
Tiens je vais reprendre un peu de jus dorange, ca me calmera
(Le jus dorange, oui, lalcool, non).
Le plaisir de ces piques-nique improvisés, cest que tout le monde y va de sa spécialité : qui la salade de pates, qui le pain, qui la salade de tomates au thon et à loeuf, qui les cannelés de sa Gironde natale, qui le gateau au chocolat de lUpper East Side (jchl27, honte a moi, jai encore oublié ladresse, mais le gateau est toujours aussi bon), qui la tourte à la viande, qui le bon fromage de chez nous qui coule et qui sent bien fort, qui le jus dorange frelaté (Pardon. Le jus dorange, oui, lalcool, non).
Arnulfe samusait, avec Sam, FB38 et dautres, a c-est-moi-qui-lance-le-freesbee-le-plus-bas-possible-au-dessus-de-la-tete-des-gens jusqua ce que votre devouée corespondante larrête net dun coup de front (aie). Il faut avouer que nos francais navaient pas encore la classe et la maitrise californienne du lancer de freesbee. SamMan a tout simplement réussi à dévisser la tete de lauteur (moi) et raser de frais Emissaire, entre autres. Pour ensuite desherber tout le perimètre de pelouse sur lequel il reposait dans le but totalement vain de jouer au jeu du camouflage et de recouvrir paréos, nappes et serviettes dune couche dherbe et de terre dépassant lentendement. LaTulipe et moi nous sommes donc justement vengées en lui procurant un massage thailandais improvisé
Cest a dire en lui galopant sur le dos. Il parait que cela fait mal. Nous, on na rien senti. Cest quil doit etre douillet alors.
Sensiblement à ce moment là ou bien au moment ou les Hommes de lequipe se sont sentis pousser des ailes de footballeur en voyant laissé à labandon le petit ballon dun enfant un attroupement dautochtones sest formé a proximité de nous, de lautre cote de la barrière. Ils regardaient ces grands fous de francais se marrer comme des baleines et sen mettre plein la panse, voire derrière la cravate, hop, ca fait du bien par ou ca passe. Un instant, on se serait cru dans un zoo, on avait presque limpression de pouvoir les entendre dire Venez voir, des francais !. Le nez colle aux palissades, loeil demesurement ouvert, la bouche béante. Des francais en captivité !! Un régiment de francais qui rale, téléphone, fume ouvertement, joue aux cartes, se délecte de la fresh fine food, soupire daise pour un massage improvisé, ou triche à sen fendre le coeur en jouant au Tarot. Tout ce a quoi ils nont certainement jamais eu la chance de goûter, du haut de leurs bols de pop-corn, les pieds bien calés sur la table basse du salon, en train de regarder un reality show sur le Dating
Du concentré de vie étranger, pouah !
Mais on sen moque, on aime ca. Et dailleurs, on remettra le couvert sous peu
Pourquoi pas à la plage, une fin de semaine prochaine, sorganiser une nouvelle expédition histoire de se mettre un peu de croquant (de sable) sous la dent. Ce nen serait que pour mieux raler, évidemment.
Enfin, moi, jdis ca, jdis rien
Chuis dla campagne, alors
http://www.entrenewyork.com/modules.php?name=coppermine&file=thumbnails&album=3 pour lalbum photo du pique-nique !
Ahhh l'été...Le soleil, le sable, la mer, les enfants qui courrent sur votre serviette et font de vous la plus belle croquette de sable de la création
Contrairement à bien des villes tentaculaires, New York possède le grand avantage dêtre à distance raisonnable de bancs de sable fin. Le franchouille enfermé trop longtemps dans son donjon bancaire quelque part entre le 12ème et le 42ème étage dun immeuble sur la 6ème avenue a le teint blafard de lendive en hiver. Le voilà donc qui se réjouit à lidée de quitter sa prison de verre et de respirer lair iodé pour quelques heures. Il simagine déjà LA plage à laméricaine, vieilles réminiscences de feuilletons télévisés où une blonde pourvue dun maillot de bain rouge étriqué scrutait locéan pour aller sauver de la noyade de belles âmes qui nattendaient que ca. Et si jamais la Gentille Sauveteuse nétait pas à la hauteur de ses attentes, il pourrait alors toujours se lover sur sa serviette, se laisser caresser par la brise et régresser en toute sérénité au QI de la crevette en sécoutant grésiller.
Parlons raisonnablement maintenant. Si vous décidez daller à la plage à Long Island un dimanche, vous allez vite vous rendre compte que votre capacité à donner envie aux autres de vous suivre dépasse votre entendement. Cest comme si tout Manhattan comptait sy donner rendez-vous. Il est donc très déconseillé de tenter quelque incursion que ce soit en voiture depuis Manhattan (ou plus loin) vers Long Island. Cest tout simplement du suicide. On est serein la première demi-heure, puis, progressivement, ladrénalise sinstallant, on se met à bouillir au milieu des embouteillages. On émerge passablement énervé, on passe quelques heures à la plage en regardant sa montre et en imaginant le bonheur du retour dans de conditions similaires. Quon se le tienne pour dit, on sous estime toujours lampleur des dégâts. Le retour est souvent, en fin de journée, bien pire que laller.
On opte donc pour le train. Moins éprouvant pour notre santé mentale. On embarque à Penn Station, via la Long Island Rail Road à condition de décider daller à la plage à Long Island, biensur. Dans le cas contraire, on peut toujours prendre le métro pour aller à Coney Island ou bien tester dans un grand instant de folie la grève du New Jersey. (Pour la liste des plages, cest là, sur un forum dENY.)
On se perd un peu dans Penn Station, attention on ne peut payer quen cash aux guichets, il faut sinon aller se battre avec les distributeurs automatiques. Moi, je dis ca juste au cas ou vous décideriez daller faire la queue, de vous en rendre compte en arrivant au comptoir, réalisant alors que vous navez pas de cash et que le train que vous vouliez prendre vient juste de partir le prochain étant dans une heure, cela va sans dire.
Note hautement utile : on peut aussi embarquer sa planche de surf dans le train. Cest encombrant, tous les autres passagers manquent de sy casser les dents, mais cest admis. Si jamais lenvie vous prenait daller taquiner la vague en faisant un pied de nez au Gentils Sauveteurs. Cela dit, je pense que dans ce cas, il vous serait totalement inutile dacheter un aller-retour en train. Le fait de grimacer gaiement aux Gentils Sauveteurs vous permettrait sans nul doute daccéder au poste de police le plus proche, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20 000 francs. La dure loi de lOuest.
Après avoir eu lidée folle de tenter lapproche de la plage en voiture, je me suis donc rabbatue sur le train. Le train est comme le métro aux USA. Ne partez pas en short et tongues avec uniquement votre insouciance sur le dos, elle congèlerait. La petite laine de Mamie, par exemple, est une idée judicieuse. On prend le temps de congeler plus ou moins, donc, en la petite heure que met ce train de banlieue a atteindre lidyllique plage tant attendue. Si par mégarde vous vous étiez endormi le froid aidant, les neurones fonctionnent au ralenti vous ne louperez pas larrêt plage. Vous serez réveillé au doux clong de la planche de surf de votre voisin dans votre tête qui dépassait un tout petit peu trop. Hagard, on descend alors, pour se retrouver emporté par une mini-marée humaine qui se rue vers locéan. Larrivée sur la grève a des allures de débarquement. Tous ces gens munis de tables, chaises, parasols, radios, enfants tout ce petit monde qui se précipite, pantelant, ruisselant, vers le sable a quelque chose de pathétiquement grotesque. Surtout quune fois installé, le but est de surtout, surtout, ne plus bouger halte là aux multiples marques de maillots de bain.
On a fini, nous aussi, sur le sable. Brulant. Brulant mais on aime ca, car cela nous rappelle combien cest agréable de sextraire de la forêt de buildings de New York et de sentir lOcéan. On inspire. On sent lOcéan, certes, mais teinté de crèmes solaires mutilples et variées, de nourritures plus ou moins saines (quoique la tendance nationale tende au gras odorant). Si vous aviez oublié votre pique-nique, vous êtes au Pays de Cocagne. Une plage américaine ne se concoit pas sans infrastructures fast-foodesques. On est loin de la baraque à frites ou la paillotte à Francis, mais lodeur avoisinante est similaire. Finalement on nest plus sur davoir si faim.
On se décide donc pour faire local et sinstaller sur le sable. Dormir, oui, nous tente fort. Si par ailleurs on pouvait bronzer par la même occasion, alors quelle aubaine ! Noubiez pas, chers lecteurs, que New York est à la latitude de Naples, ce qui implique de se crème-solariser si on ne veut pas virer demblée couleur écrevisse et demain peler comme un lézard. Il sagit stratégiquement de dorer toutes les faces, quitte à soctroyer un temps de trempage plus ou moins long (à discrétion) dans la grande bleue. Sans séloigner trop des Gentils Sauveteurs. En effet, le GS à linstar du GO est lamabilité incarnée tant que vous barbotez dans son champ de vision. Qui est très réduit. Au cas où, plusieurs plages ont mis en place un système de bouées encadrant un espace deau quil est strictement interdit de franchir latéralement sous peine de se faire réprimander à coup de sifflet rageur. Au delà de ces lignes de baignade, le GS sort les crocs. Mais ne viendra pas vous sauver en cas de souci. Vous naviez quà nager dans le périmètre assigné.
Vous pourrez ensuite à loisir vous allonger sur votre serviette, et vous laisser sécher au son polyphonique de toutes les radios de vos voisins cest un fait, personne ne saccorde à écouter la même chose, par contre tout le monde veut lécouter plus fort que ses voisins. Avant de consacrer la réputation râleuse des francais, attendez un peu que lun des momes de la tribu installée à portée de crème solaire de votre paréo vous recouvre de sable, en courant (et hurlant) pour aller jouer un peu plus loin. Cela vous donnera alors lopportunité de
1. huler vous aussi
2. rendre à leur propriétaire les deux mètres cubes de sable - la tribu sus-citée (et bientot en voie dextinction)
3. mettre tout de suite à exécution le processus dextermination de la tribu sus-citee qui vous entoure en jetant tout ce beau monde dans leau
4. en profiter pour les jeter hors du périmètre de sécurité
5. voir accourir tous les Gentils Sauveteurs de la plage, juste pour vous non ils niront pas sauver les récalcitrants qui, malgré les mises en garde ont décidé daller baigner leur radio, mome en decà des bouées
6. dexpliquer aux Gentils Sauveteurs que pour le maintien de la sérénité de cette plage, cétait une action nécessaire, dure, mais nécessaire
7. de voir arriver une chouette voiture de NYPD rien que pour vous
8. deviter de payer le fare retour du train
9. de ne pas être coincé dans les embouteillages
10. de vous passer lenvie daller à la plage le week-end prochain et de vous porter volontaire pour des heures sup le weekend Histoire dêtre un peu tranquille finalement, et tant pis si vous gagnez le concours de blanchitude de teint Cest très joli, une endive, non ?
Times Square na pas toujours été la vitrine pimpante aux nuées de néons quelle est aujourdhui.
Dabord, je tiens à attirer votre attention sur le fait que Times Square na rien dun carré contrairement à ce que son nom indique. Ce ne sont jamais quune dizaine de blocs où Broadway et la 7ème avenue se rejoignent. Jusquau début du XXème siècle, lendroit était dénommé Long Acre Square, et nétait quune plaque tournante pour le commerce - plus ou moins légal : vendeurs de chevaux, maisons closes et hôtels de passe étaient monnaie courante.
En 1903, le quotidien New York Times y fait construire son siège, et parvient à convaincre la ville de renommer Long Acre Square en Times Square, le 8 avril 1904. En octobre de la même année, la station de métro de Times Square voit le jour (ce qui explique peut-être la vétusté de ses couloirs ?). Le 31 décembre 1904, on célèbre doublemement : lavènement du building du Times, et la Saint Sylvestre. Un siècle plus tard, on y fête toujours la Nouvelle Année
Le reste est, à linstar de la ville, lhistoire de lAmérique moderne. Cest sur ce petit périmètre quon été inventées, réinventées, testées, exploitées et offertes de multiples facettes de la culture américaine.
Les Américains venaient à Times Square pour samuser. Après les maisons closes indéniablement les premiers lieux attractifs du quartier sont apparus les théâtres. Les pionniers dès la fin du XIXème siècle, puis le flot a suivi. En 1928, on dénombrait la production de 264 shows dans 76 théâtres sur Times Square quelle densité au mètre carré ! Loin des traditionnels opéras, ces théâtres proposaient déjà moult vaudevilles, musicalls, jazz et films.
Les spectacles les plus populaires de Times Square ont toujours été gratuits : ce sont les enseignes qui ont fomenté la réputation de Broadway en tant que Great White Way. Les panneaux et enseignes y recouvraient la majeure partie des buildings dès le début du XXème siècle. A lépoque, ils étaient similaires aux autres panneaux publicitaires qui bourgeonnaient sur les murs de la ville. Puis, peu à peu, Times Square sest démarqué, pour devenir un immense laboratoire in vivo qui permettait de tester de nouveaux modes de communication et de publicité dans une métropole de grande envergure. Le développement dune économie de marché de masse doit, aux Etats-Unis, beaucoup à lattrait des séduisantes enseignes de Times Square.
Times Sqaure nétait pas seulement lendroit où lon publiait le quotidien le plus important du pays, avec ses immenses rotatives au grondement souterrain, ni le nouveau bandeau entourant le Times Building, déroulant instantanément les nouvelles du monde. Non. Times Square était le berceau de ces informations. Elles naissaient ici, sous la plume de journalistes tels que Walter Winchell ou Damon Runyon, qui créerent un standard américain avec le style reportage, les chroniques people et lutilisation de largot.
La grande force humaine qui fit avancer Times Square pendant plus dun siècle a été le désir charnel, le sexe. Times Square a littéralement vendu du sexe pendant plus dun siècle, de par la prostitution et ses théâtres roses, définissant ainsi une bonne partie de lère postérieure à la seconde guerre mondiale. Mais cetait également bien plus subtil Times Square était un symbole, un lieu où les barrières morales pouvaient être repoussées, réduites à néant, et le désir sexprimait alors. Ce nest pas un hasard si cest ici que les femmes pouvaient remettre en question les règles du dating, et les homosexuels trouver bien plus de liberté que nimporte où ailleurs dans la ville
Times Square sest épanoui durant le premier tiers du XXème siècle, pour ensuite décliner doucement après la seconde guerre mondiale, et seffacer devant le monde de la télévision, des banlieurs et de la ségrégation raciale. Lendroit est, malheureusement, également connu pour cet aspect peu appréciable de la culture américaine moderne : le phénomène de labandon du centre ville par les classes aisées, et du déclin de MidTown. Au coeur de Manhattan, des blocs entiers de buildings abandonnées, repère des dealers de drogue et du tapinage. Ils furent, pour un temps, les blocs les plus dangereux de la ville, image de la décadence de New York.
Times Square vit aujourdhui son second souffle. De grandes entreprises comme MTV ou Condé Nast ont réinvesti les lieux. La foule qui lemplissait alors est celle que vous voyez maintenant. Hordes de touristes, promeneurs aux yeux perdus dans lazur, aficionados de comedies et shows. Times Square est le rappel perpétuel que New York est et a toujours été une ville de plaisirs Pas seulement lors de la Saint Sylvestre. Chaque jour de lannée.
www.timessquarebid.org
Nouvelle niouzlettre de Floflo, un tantinet fatiguée. Depuis cette semaine, je n’arrête pas de courir au bureau parce que maintenant que ma boss, Julissa, est partie (débauchée par Coach), qui c’est-y qu’on vient voir quand on a un souci ? C’est Bibi ! Bibi est un peu fatiguée de devoir tout savoir, faire son boulot et régler les problèmes que Wathne Hong Kong a avec les différentes manufactures censées réaliser les cosmetic cases de Bobbi Brown sans « puckering » ni traces de colle, avec la bonne taille d’étiquette, etc etc etc… Je fais des allers-retours journaliers chez le client avec mes échantillons pour être sûre que tout va bien, parce qu’en plus, évidemment, c’est pour avant hier. Vivement que tout cela se tasse ou bien que Wathne trouve quelqu’un d’autre pour le poste de Science Infuse.
La semaine a encore défilé à vitesse grand V. Mardi soir, French Tuesdays, au South Street SeaPort, le Mall établi sur le Pier 17 et qui donne sur l’East River, où on était allé pour le 4 juillet. Décor sympa pour se trémousser sur les tubes internationaux et/ou français.
Mercredi soir, dîne d’adieux de l’avocat fou, qui après 10 ans passés aux USA, se re-patriait en France. (on dit expatrier, on peut donc certainement se repatrier, non ?).
Jeudi soir, j’étais à un vernissage dans Chelsea : deux expos photos et une expo de meubles façon art déco moderne. Pas mal, de très beaux clichés, les meubles ne m’ont pas emballée, mais les photos et le lieu oui ! Qui rechignerait devant un loft faisant tout le dernier étage d’un immeuble ? Ca devrait être interdit ce genre d’appartements. Enfin, si jamais, après l’expo, ils ont peur de laisser le lieu à l’abandon, je veux bien me dévouer. Avec éventuellement un/une colloc. Mais pas plus, sinon ensuite on finirait par se marcher sur les pieds, arf arf…
Le dernier week-end était fort sympatoche itou. Vendredi soir, il y avait un pot « after work » franco-américain organisé au Père Pinard, dans le sud de Manhattan. Véridique, c’est le nom du bar… Au départ, je comptais y aller, mais il pleuvait des cordes, et rien que de rentrer du bureau j’avais les chaussures qui faisaient chouic chouic, et la désagréable impression d’avoir les pieds trempés. Erk… Je me suis posée chez moi, immense soulagement, et je n’avais pas du tout envie de m’aventurer dehors. J’ai finalement lâché, vers 22 heures, pour aller dîner avec un copain. On s’est fait un resto « fusion food asiatique » thaïlando-sino-japonais sur Times Square, « Ruby’s Foo ». C’était très bon, et tellement copieux que j’au eu du mal à terminer, c’est pour dire ! Le temps de terminer en traînassant, il était pas loin de minuit, heure à laquelle Cendrillon doit rentrer sous peine de voir son parapluie se transformer en citrouille.
Samedi, génial, je suis allée bruncher… attention les yeux… chez Pétrossian ! Top… Foie gras maison en entrée, pavé de saumon et blanc manger aux fruits rouges en dessert. La grande cuisine française !
Pour éliminer, on est parti se promener dans Central Park et on s’est fait le Withney Museum, temple de l’art contemporain : Wharol, Alexander Calder…
Le soir, on a retrouvé deux amis pour aller dîner japonais dans l’East Village. Après, on avait envie d’aller danser dans une boîte qui s’appelle le Souk, qui est de style oriental, mais ils avaient une soirée privée. On s’est donc rabattus sur le café Horus. Au départ je n’étais pas trop chaude, et finalement c’était vraiment sympa et étonnant à NYC : on a fumé un narguilé à la pomme en discutant jusqu’à minuit passé et on s’est rentré.
Dimanche : grosse grasse matinée. J’ai émergé vers 1h et me suis levée à 14 heures ! J’ai retrouvé un copain pour aller nager à la piscine de Chelsea Piers. Dans le film Serendipity, à un moment, ils jouent au golf dans New York, dans des sortes de petites alvéoles empilées, le long d’une jetée qui donne sur l’Hudson River. Et bien c’est là ! Il y a aussi, entre autres, une piscine qui donne sur la flotte, surélevée (la piscine), avec d’immenses baies vitrées et une terrasse de la mort qui tue. On te donne peignoir, serviette, shampooing et tout… la seule chose à apporter, c’est le maillot de bain… Pour moi ce genre d’endroits n’existait que dans les films, eh bien non ! Trop dur le luxe… On a nagé une heure, et ensuite on a larvé sur les transats dehors : je sais, j’ai une vie difficile.
L’après midi on a retrouvé des français d’EntreNewYork pour un goûter (ouioui, un goûter) au « Pain Quotidien », avec… tartines, beurre, et confiture de chataîgnes. Le bonheur simple de nos goûters d’enfants ! On s’est promené un peu à Central Park, puis on a terminé pour dîner dans un bouiboui de l’Upper West Side au bord de l’eau « The Boat Bassin House », en refaisant le monde jusqu’à pas d’heure.
Voilà pour les dernières nouvelles du front New Yorkais … Comment ça se passe en Europe et ailleurs ?
Cest un fait, un jour de pluie à New York commence toujours de cette manière : vous vous levez (en retard), vous écoutez (ou non) vaguement les prévisions météorologiques de la journée, vous regardez par la fenêtre, le soleil vous sourie, vous haussez les épaules et partez prendre votre métro en pestant contre le Seigneur Météo qui vous annonce décidément toujours le contraire du temps quil fait. Jusque là, cela vous amuse encore.
Vous arrivez guilleret (ou presque) et en retard au bureau mais il fait beau, et cela tombe bien, vous avez decidé daller vous promener à Central Park ce soir après vos longues heures de dur labeur coincé entre les panneaux de votre minuscule cubicle. Méfiez vous de cet environnement de travail là. Car il est fourbe. Dans lair aseptisé et climatisé des bureaux new-yorkais, lannée défile sans anicroches, égale à elle même. Au dehors, quelque part sur la planête, on peste contre les nuées de papillons qui senvolent soudain.
La journée passe, on sacharne, on déjeune devant son écran dordinateur (et sans en mettre partout entre les touches du clavier : on appelle ca la sagesse de lexpérience). Sur le coup de 18 heures, on parvient à filer et cest une chance que lon puisse sévader à cette heure là. Au moment où lon met le nez dehors, on entend un lointain grondement de tonnerre, auquel on ne prête guêre attention, bruit ambiant de la ville oblige.
On se dirige donc, dun pas léger, vers ce parc qui nous tend les bras, poumon de verdure. Entre deux feux rouges, on se risque à lever le nez vers le ciel, et on en vient à froncer les sourcils Des nuages bien noirs à lhorizon Bah ! Advienne que pourra. Nous allons tout de même gambader dans la verte nature.
Notre enthousiasme, pourtant, en a pris un coup. Et avec juste raison. Au moment où nos petits pieds frétillent enfin de reposer sur lherbe tant attendue, les premières gouttes de pluie sabbatent sur nous. Triste, décu, on a souvent des véléités de braver la pluie. Cest une erreur. A moins davoir décidé dêtre la nouvelle Roxana Maracineanu.
La pluie a New York tient plus de la mousson que du crachin breton de notre belle France.
En quelques instants, les rues se transforment. Des grandes dalles des trottoires ruissèlent des torrents de pluie qui vont grossir le flot des canniveaux A certains carrefours, il devient presque impossible de traverser sans une bonne vieille paire de bottes en caoutchou : cest une piscine au dessus de laquelle il faudrait pouvoir voler. La largeur et prodondeur des flaques deau est à la hauteau de la démesure de la ville Cest aussi ce jour là que vous aviez décidé detrenner vos sandales en corde, et que vous les regardez avec la sombre impression quelles vont se disloquer dans les flaques ce qui savère généralement vrai vous le découvrez en rentrant chez vous, au son du chouic chouic de vos semelles détrempées.
Aux coins des rues naissent telles les fleurs du désert les ambitions de ceux qui savent sadapter et profiter de toute situation. Les vendeurs ambulants de lunettes de soleil reviennent avec des chariots emplis de parapluies made in Canal Street. Une aubaine de courte durée.
Là encore, vous risquez de vous mordre les doigts de ne pas avoir emporté votre parapluie chéri ce matin A linstant exact où vous ouvrez votre acquisition, une bourrasque de vent sy engouffre et la pauvre bête, avouée vaincue, se retourne. Il ne vous reste plus quà patiemment tenter de vous abriter sous une marquise pour la réparer, et remettre une à une les baleines dans leur sens originel Ce que vous avez évité de justesse à la première bourrasque, vous attend au coin de la rue. A la seconde bourrasque, votre parapluie, vengeur, se retourne à nouveau. Le roseau plie, le parapluie trépasse
Un peu désabusé, vous pouvez alors passer au plan B, loption ultime : prendre un taxi. Envisager de héler un taxi à un coin de rue bien passante un jour de pluie, cest un peu comme se dire que pour une fois, dans le prochain James Bond, les méchants vont gagner. Cest une entreprise vaine. Le nombre de taxis libres est, cest un fait, inversement proportionnel à la quantité deau déversée par les nuages sur la ville
Il ne vous reste plus quà vous réfugier dans le Starbucks/Deli le plus proche et commander un grand crème en regardant la pluie tomber, bien au froid, transi par la climatisation qui achève tout doucement de vous frigorifier jusquà los dans un ronronnement permanent qui semble maintenant vous sussurer à loreille de penser à écouter la mét éo la prochaine fois.
Admirez le paysage et laissez votre regard se perdre dans le ciel gris où la cime des immeubles vient innexorablement de se dissimuler, donnant à la ville un aspect fantastique, mélancolique, une lassitude étrange qui semble s étirer jusquà linfini
On and on, the rain goes on, like tears from a star...*
* Mes félicitations à celui/celle qui retrouvere lorigine de cette citation !



