Tears from a star
Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué comme les conditions climatiques peuvent changer la géographie du paysage. Il en va ainsi pour New York, dont le visage évolue au gré des vents
Petit panorama de la ville sous la pluie.
Cest un fait, un jour de pluie à New York commence toujours de cette manière : vous vous levez (en retard), vous écoutez (ou non) vaguement les prévisions météorologiques de la journée, vous regardez par la fenêtre, le soleil vous sourie, vous haussez les épaules et partez prendre votre métro en pestant contre le Seigneur Météo qui vous annonce décidément toujours le contraire du temps quil fait. Jusque là, cela vous amuse encore.
Vous arrivez guilleret (ou presque) et en retard au bureau mais il fait beau, et cela tombe bien, vous avez decidé daller vous promener à Central Park ce soir après vos longues heures de dur labeur coincé entre les panneaux de votre minuscule cubicle. Méfiez vous de cet environnement de travail là. Car il est fourbe. Dans lair aseptisé et climatisé des bureaux new-yorkais, lannée défile sans anicroches, égale à elle même. Au dehors, quelque part sur la planête, on peste contre les nuées de papillons qui senvolent soudain.
La journée passe, on sacharne, on déjeune devant son écran dordinateur (et sans en mettre partout entre les touches du clavier : on appelle ca la sagesse de lexpérience). Sur le coup de 18 heures, on parvient à filer et cest une chance que lon puisse sévader à cette heure là. Au moment où lon met le nez dehors, on entend un lointain grondement de tonnerre, auquel on ne prête guêre attention, bruit ambiant de la ville oblige.
On se dirige donc, dun pas léger, vers ce parc qui nous tend les bras, poumon de verdure. Entre deux feux rouges, on se risque à lever le nez vers le ciel, et on en vient à froncer les sourcils Des nuages bien noirs à lhorizon Bah ! Advienne que pourra. Nous allons tout de même gambader dans la verte nature.
Notre enthousiasme, pourtant, en a pris un coup. Et avec juste raison. Au moment où nos petits pieds frétillent enfin de reposer sur lherbe tant attendue, les premières gouttes de pluie sabbatent sur nous. Triste, décu, on a souvent des véléités de braver la pluie. Cest une erreur. A moins davoir décidé dêtre la nouvelle Roxana Maracineanu.
La pluie a New York tient plus de la mousson que du crachin breton de notre belle France.
En quelques instants, les rues se transforment. Des grandes dalles des trottoires ruissèlent des torrents de pluie qui vont grossir le flot des canniveaux A certains carrefours, il devient presque impossible de traverser sans une bonne vieille paire de bottes en caoutchou : cest une piscine au dessus de laquelle il faudrait pouvoir voler. La largeur et prodondeur des flaques deau est à la hauteau de la démesure de la ville Cest aussi ce jour là que vous aviez décidé detrenner vos sandales en corde, et que vous les regardez avec la sombre impression quelles vont se disloquer dans les flaques ce qui savère généralement vrai vous le découvrez en rentrant chez vous, au son du chouic chouic de vos semelles détrempées.
Aux coins des rues naissent telles les fleurs du désert les ambitions de ceux qui savent sadapter et profiter de toute situation. Les vendeurs ambulants de lunettes de soleil reviennent avec des chariots emplis de parapluies made in Canal Street. Une aubaine de courte durée.
Là encore, vous risquez de vous mordre les doigts de ne pas avoir emporté votre parapluie chéri ce matin A linstant exact où vous ouvrez votre acquisition, une bourrasque de vent sy engouffre et la pauvre bête, avouée vaincue, se retourne. Il ne vous reste plus quà patiemment tenter de vous abriter sous une marquise pour la réparer, et remettre une à une les baleines dans leur sens originel Ce que vous avez évité de justesse à la première bourrasque, vous attend au coin de la rue. A la seconde bourrasque, votre parapluie, vengeur, se retourne à nouveau. Le roseau plie, le parapluie trépasse
Un peu désabusé, vous pouvez alors passer au plan B, loption ultime : prendre un taxi. Envisager de héler un taxi à un coin de rue bien passante un jour de pluie, cest un peu comme se dire que pour une fois, dans le prochain James Bond, les méchants vont gagner. Cest une entreprise vaine. Le nombre de taxis libres est, cest un fait, inversement proportionnel à la quantité deau déversée par les nuages sur la ville
Il ne vous reste plus quà vous réfugier dans le Starbucks/Deli le plus proche et commander un grand crème en regardant la pluie tomber, bien au froid, transi par la climatisation qui achève tout doucement de vous frigorifier jusquà los dans un ronronnement permanent qui semble maintenant vous sussurer à loreille de penser à écouter la mét éo la prochaine fois.
Admirez le paysage et laissez votre regard se perdre dans le ciel gris où la cime des immeubles vient innexorablement de se dissimuler, donnant à la ville un aspect fantastique, mélancolique, une lassitude étrange qui semble s étirer jusquà linfini
On and on, the rain goes on, like tears from a star...*
* Mes félicitations à celui/celle qui retrouvere lorigine de cette citation !
Cest un fait, un jour de pluie à New York commence toujours de cette manière : vous vous levez (en retard), vous écoutez (ou non) vaguement les prévisions météorologiques de la journée, vous regardez par la fenêtre, le soleil vous sourie, vous haussez les épaules et partez prendre votre métro en pestant contre le Seigneur Météo qui vous annonce décidément toujours le contraire du temps quil fait. Jusque là, cela vous amuse encore.
Vous arrivez guilleret (ou presque) et en retard au bureau mais il fait beau, et cela tombe bien, vous avez decidé daller vous promener à Central Park ce soir après vos longues heures de dur labeur coincé entre les panneaux de votre minuscule cubicle. Méfiez vous de cet environnement de travail là. Car il est fourbe. Dans lair aseptisé et climatisé des bureaux new-yorkais, lannée défile sans anicroches, égale à elle même. Au dehors, quelque part sur la planête, on peste contre les nuées de papillons qui senvolent soudain.
La journée passe, on sacharne, on déjeune devant son écran dordinateur (et sans en mettre partout entre les touches du clavier : on appelle ca la sagesse de lexpérience). Sur le coup de 18 heures, on parvient à filer et cest une chance que lon puisse sévader à cette heure là. Au moment où lon met le nez dehors, on entend un lointain grondement de tonnerre, auquel on ne prête guêre attention, bruit ambiant de la ville oblige.
On se dirige donc, dun pas léger, vers ce parc qui nous tend les bras, poumon de verdure. Entre deux feux rouges, on se risque à lever le nez vers le ciel, et on en vient à froncer les sourcils Des nuages bien noirs à lhorizon Bah ! Advienne que pourra. Nous allons tout de même gambader dans la verte nature.
Notre enthousiasme, pourtant, en a pris un coup. Et avec juste raison. Au moment où nos petits pieds frétillent enfin de reposer sur lherbe tant attendue, les premières gouttes de pluie sabbatent sur nous. Triste, décu, on a souvent des véléités de braver la pluie. Cest une erreur. A moins davoir décidé dêtre la nouvelle Roxana Maracineanu.
La pluie a New York tient plus de la mousson que du crachin breton de notre belle France.
En quelques instants, les rues se transforment. Des grandes dalles des trottoires ruissèlent des torrents de pluie qui vont grossir le flot des canniveaux A certains carrefours, il devient presque impossible de traverser sans une bonne vieille paire de bottes en caoutchou : cest une piscine au dessus de laquelle il faudrait pouvoir voler. La largeur et prodondeur des flaques deau est à la hauteau de la démesure de la ville Cest aussi ce jour là que vous aviez décidé detrenner vos sandales en corde, et que vous les regardez avec la sombre impression quelles vont se disloquer dans les flaques ce qui savère généralement vrai vous le découvrez en rentrant chez vous, au son du chouic chouic de vos semelles détrempées.
Aux coins des rues naissent telles les fleurs du désert les ambitions de ceux qui savent sadapter et profiter de toute situation. Les vendeurs ambulants de lunettes de soleil reviennent avec des chariots emplis de parapluies made in Canal Street. Une aubaine de courte durée.
Là encore, vous risquez de vous mordre les doigts de ne pas avoir emporté votre parapluie chéri ce matin A linstant exact où vous ouvrez votre acquisition, une bourrasque de vent sy engouffre et la pauvre bête, avouée vaincue, se retourne. Il ne vous reste plus quà patiemment tenter de vous abriter sous une marquise pour la réparer, et remettre une à une les baleines dans leur sens originel Ce que vous avez évité de justesse à la première bourrasque, vous attend au coin de la rue. A la seconde bourrasque, votre parapluie, vengeur, se retourne à nouveau. Le roseau plie, le parapluie trépasse
Un peu désabusé, vous pouvez alors passer au plan B, loption ultime : prendre un taxi. Envisager de héler un taxi à un coin de rue bien passante un jour de pluie, cest un peu comme se dire que pour une fois, dans le prochain James Bond, les méchants vont gagner. Cest une entreprise vaine. Le nombre de taxis libres est, cest un fait, inversement proportionnel à la quantité deau déversée par les nuages sur la ville
Il ne vous reste plus quà vous réfugier dans le Starbucks/Deli le plus proche et commander un grand crème en regardant la pluie tomber, bien au froid, transi par la climatisation qui achève tout doucement de vous frigorifier jusquà los dans un ronronnement permanent qui semble maintenant vous sussurer à loreille de penser à écouter la mét éo la prochaine fois.
Admirez le paysage et laissez votre regard se perdre dans le ciel gris où la cime des immeubles vient innexorablement de se dissimuler, donnant à la ville un aspect fantastique, mélancolique, une lassitude étrange qui semble s étirer jusquà linfini
On and on, the rain goes on, like tears from a star...*
* Mes félicitations à celui/celle qui retrouvere lorigine de cette citation !
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