101 choses à faire à San Sébastien
Sur demande des piliers dEntreNewYork, voici un petit aperçu de ma vie trépidente de lautre côté de lOcéan, dans la très jolie ville de San Sébastien.
Le lecteur se rendra ainsi compte que la vie est pleine dimprévus qui remplissent les journées de sa chroniqueuse préférée.
1. Dire « Donostia » et non pas « San Sébastien » vous évitera quon vous prenne pour un touriste américain fraîchement débarqué. Bienvenue en Pays Basque.
2. Se promener dans la vieille ville et admirer les églises de San Vicente (XVIème siècle) et Santa Maria (XVIIIème siècle).
3. Se rendre compte comme dhabitude que le plan du guide du routard a oublié la moitié des rues et que lautre moitié a changé de nom, entre temps.
4. Essayer daller au musée mais là aussi, maudire le guide qui sest planté dans les horaires.
5. Dîner de pintxos.
Note. Le basque est susceptible. Chez lui on ne parle pas des tapas comme dans lEspagne castillane mais on de pintxos. On risquerait fort de vous prendre pour un touriste américain sinon.
6. Apprendre le basque pour survivre sans quon vous prenne pour un touriste américain Enfin au moins les bases. Le x se prononce ch et le k final est un s. Ainsi on notera que bonjour se dit Kaixo, Au revoir Agur et merci Eskerik asko (mais là, on est autorisé à se fendre dun Gracias si on a peur de postillonner sur son interlocuteur).
7. Visiter lAquarium. Donostia possède en effet une jolie collection de petits requins, dont la majorité sont nés à lAquarium. Qui fournit également une bonne partie des aquariums dEurope en plancton et algues. Qui leut cru.
8. Aller déjeuner au Kursaal, le restaurant de Martin Berasategui, chef basque de son état qui ouvre le XXIème siècle en mariant la cuisine traditionnelle locale à des trouvailles modernes de son invention. Succulent.
9. Digérer en se faisant la promenade jusquen haut du Monte Urgull, en allant doucement dans les lacets. La montée nest pas très longue mais tout de même. Et puis après le repas cest toujours difficile, mais nécessaire si on ne veut pas ressembler au touriste américain sus-cité.
10. Profiter du panorama en arrivant en haut. Pour admirer la ville que lon voit entièrement, avec la baie de la Concha, mais également pour souffler un peu. Cest pas quon soit un touriste américain mais tout de même.
11. Décider le soir daller sen mettre un coup derrière la cravate avec un baratton au milieu de ce panorama animé quest la vieille ville.
12. Passer dans un bar disco en attendant lheure douverture des boîtes (en théorie minuit, en pratique 1 heure, et en vérité avant 3 heures cest vide).
13. Se mettre minable au rhum coca (dites : una « cubata » por favor) ou à la sangria (application : una sangria por favor).
14. Réussir à sarracher sur le coup de 3 heures du matin pour aller faire un tour au Bataplan, temple de la techno local. Discothèque ultra moderne qui na rien à envier aux clubs hype de Manhattan, car elle donne sur la plage de la Concha et sa terrasse est fort appréciable.
15. Sémerveiller devant le prix des cocktails 6 Euros (et encore, pour la ville, cest cher).
16. Se commander un Mojito avec une paille et se le voir servir dans un verre à bière format pinte.
17. Agoniser un peu plus à cause de la fumée de cigarette.
18. Avoir les yeux qui pleurent et donc, finir par les fermer.
19. Sendormir sur la terrasse du Bataplan vers 6 heures, après avoir laborieusement achevé son Mojito.
20. Passer la barrière et terminer sa nuit, lové dans le sable, bercé par le bruit des vagues.
21. Se faire réveiller une heure plus tard par un régiment de mouettes toutes droit sorties de Finding Némo (A moi, A moi, A moi !)
22. Se réveiller en ayant la sale impression dembaumer le mégot refroidi et avec un sacré mal de cheveux.
23. Se relever, épousseter le sable et aller se prendre un café à La Perla, juste au dessus. En terrasse pour décuver.
24. Passer ensuite sa journée à dormir, soit au fond de son lit.
25. Ou, si le temps le permet, en maillot de bain sur la très chouette plage de la Concha (et sans les mouettes), histoire de faire dune pierre deux coups et de bronzer un chouia.
26. Se faire détremper sa serviette de bain pour avoir oublié que les marées de lOcéan Atlantique ont une envergure de plus de 40 centimètres, contrairement à la Méditerranée.
27. Avant de rentrer chez soi le soir, faire une escale dans une pharmacie pour senquérir de léquivalent local de la Biafine.
28. Se réjouir davoir une colloc compatissante pour se faire tartiner le dos de la Biafine sus-citée.
29. Se réconcilier avec la vie devant une assiette de churros et de chocolat brûlant.
30. Réussir à terminer le chocolat sans sétouffer. Une fois refroidi, il ressemble plutôt à de la crème Mont Blanc.
31. Se faire poser un piercing moins cher quen France.
32. Souffrir ensuite en se rendant compte que piercing non cicatrisé et sable ne font pas vraiment bon ménage.
33. Sortir dans la rue sans parapluie.
34. Rentrer dix minutes plus tard dans la première boutique venue pour sabriter.
35. Se racheter un parapluie dès que possible.
36. Se le faire arracher par une bourrasque de vent deux jours plus tard.
37. Décider dinvestir à long terme : dans un imperméable avec capuche.
38. Aller voir un film sorti quatre mois plus tôt aux US.
39. Mourir de rire devant le doublage en Espagnol.
40. Se rassurer plus tard avec la version en DVD qui permet le choix en VO.
41. Profiter de lécole de coiffure du coin et aller se faire couper les cheveux pour la modique somme de 5 euros.
42. Aller se ruiner au casino.
43. Une fois bien ruiné, rentrer chez soi et se remettre au rythme de vie pépère de la ménagère de moins de 50 ans.
44. Couch-potato-iser devant la téloche.
45. Rester des heures devant des programmes gnan gnan parce quil ny a pas de télécommande (à part vous).
46. Se lever pour aller faire la bouffe.
47. Se rendre compte dimanche matin que le frigo est désespérément vide.
48. Râler, évidemment On reste français quelque soit la situation.
49. Réaliser dimanche matin que les supermarchés vont rester fermer jusquà lundi matin, 9 heures.
50. En profiter pour dégivrer et nettoyer le frigo sus cité, puisquil est vide.
51. Et, en vrac, on peut alors aussi : passer laspirateur, laver par terre, faire les vitres, la poussière, une petite lessive, du repassage, etc.
52. Envisager de racheter un vélo doccasion pour se balader plus facilement dans la ville.
53. Réaliser ensuite quil ne passe pas dans la cage dascenseur et que la co-propriété en interdit le stockage dans lentrée.
54. Le laisser cadenassé au banc devant son immeuble.
55. Sen servir de temps en temps pour sortir, en le remettant toujours au même endroit.
56. Se rendre compte un matin que des petits malins vous lont piqué en prenant bien soin de vous laisser le cadenas au cas où vous décideriez den avoir un autre à leur refiler.
57. Jurer en français jusquà plus soif sur tout le trajet à pied jusquà lUniversité.
58. Tenter de rester éveillé autant que possible pendant les quatre laborieuses heures de cours de la journée.
59. Sortir de cours et trouver sur le parvis de votre Université un chaton qui vient de se faire à moitié écraser, le train arrière paralysé.
60. Décider de se la jouer bonne samaritaine et de lamener chez un vétérinaire.
61. Abandonner lidée une fois que la bestiole vous a mordu jusquau sang.
62. Courir à la pharmacie la plus proche qui vous rassure en vous disant que si votre main enfle trop, cest peut-être la rage, il faudra appeler les urgences.
63. Passer le reste de la journée à surveiller sa main et la voir bleuir doucement, le téléphone à portée de lautre main valide prêt à dégainer le 112
64. Vérifier tout de même dans le dictionnaire comment on dit « mordre » et « bleuir » au cas où les urgences le demanderaient.
65. Aller se coucher après avoir ingurgité une aspirine, au cas où.
66. Se réveiller le lendemain matin et réaliser que la main a viré au rouge uniforme.
67. Entamer des fouilles archéologiques pour dégoter le formulaire E111 qui permet de bénéficier des soins médicaux dans lUnions Européenne sans débourser un centime
68. Se souvenir que vos parents vous ont changé de mutuelle (le remboursement via la nouvelle sera tellement plus facile)
69. Aller prendre lEusko Tren, alias Topo du Pays Basque, qui vous emmène en 35 minutes à Hendaye en territoire civilisé où la Carte Vitale règne en sauveuse.
70. Se diriger vers la pharmacie judicieusement implantée devant la Gare.
71. Expliquer calmement pour la n-ième fois ce qui nous amène.
72. Sentendre dire que cest grave et que comme on est samedi oublier le médecin et aller directement aux Urgences.
73. Monter dans un taxi et lui indiquer les Urgences de la Polyclinique de la Côte Basque Sud de Saint Jean de Luz. Avec le sourire, parce que sil apprend que vous risquez davoir la rage, il va vous évacuer au premier feu rouge venu.
74. Ne pas le mordre, donc, le pauvre homme.
75. Arriver aux urgences à 9h32 a.m. tapantes.
76. Remplir le formulaire machin chouette qui demande pourquoi vous êtes venu (là, se féliciter que le chat nait pas mordu la main avec laquelle vous écrivez parce que vous nêtes pas encore un expert en écriture avec le pied ou la bouche)
77. Aller se morfondre dans la « salle dattente des familles » où la clim est trop forte, et le ficus se prend au jeu de lautomne en laissant tomber gaiement toutes ses petites feuilles.
78. Constater que pour linstant vous ne bavez pas encore (cest peut être pas encore la rage ?)
79. Imaginer des tas de morts différentes à cause de cette foutue blessure, dans le laps de temps que vous laissent les « Urgences » pour dépérir tel le ficus sur votre chaise dans la salle dattente.
80. A 10h48, voir arriver une infirmière et se faire conduire dans une « salle de soins » où lUrgentiste arrive de suite.
81. A 11h13, expliquer calmement pour la n+1-ième fois à lUrgentiste qui vient darriver que vous avez soit le Tétanos, soit la rage, soit le Cancer du Sida (et que sil ne se dépêche pas un peu plus vous allez le mordre, dans un pic de rage).
82. Le laisser vous tâter la main et appuyer là où ça fait très mal, toujours sans le mordre (quelle maîtrise de soi).
83. Chercher désespérément à se rappeler quand est ce quon a fait notre dernier rappel de vaccin contre le Tétanos pour éviter une piqûre.
84. Se laisser conduire dans la salle dattente de traumatologie (« au cas où ce soit très infecté on va faire une radio »).
85. A 11h27, aller patiemment sasseoir dans la salle de radiologie numéro 4, deuxième porte à gauche.
86. Avoir le temps détudier le décor de la salle en attendant le radiologiste en retard. Imaginer encore une douzaine de fins atroces dont la gangrène purulente.
87. A 11h38, se retenir de ne pas grogner ou baver quand le radiologiste manipule sans douceur votre mimine douloureuse pour la placer comme il lentend sur la plaque afin de procéder à la radio, on ne bouge plus mademoiselle.
88. A 11h41, se faire reconduire dans la salle dattente des familles avec le ficus pour qui on approche de lhiver à grands pas.
89. A 11h58, se faire appeler par lUrgentiste qui vous prescrit lantibiotique « tueur de germes quels quils soient », et de lanti-inflammatoire/antidouleur à 1200 mg/jour (limite à ne pas dépasser sous peine dun retour express aux Urgences de la Polyclinique de la Côte Basque Sud de Saint Jean de Luz).
90. Se faire ramener par le brave chauffeur de taxi de tout à lheure qui est rassuré puisquon na pas la rage et tient donc absolument à vous faire la conversation.
91. Etre dune zénitude absolue grâce aux médicaments quon vous a prescrits.
92. Feindre lendormissement pour éviter de répondre aux questions du brave chauffeur de taxi (« et vous parlez basque ? Et vous habitez ici ? Et je suis pas trop curieux ?)
93. Rentrer chez soi et se préparer son petit cocktail de médocs miam miam.
94. Sécrouler pour une sieste bien méritée vous et votre main violette (oui, entre temps elle a viré au violet).
95. Se réveiller sur le coup de 17 heures et voir quil fait toujours beau.
96. Entendre à la radio quil fait presque 30°C et quon est un des points les plus chauds dEurope en ce début de mois dOctobre.
97. Aller se promener un chouia pour décompresser.
98. Appeler ses parents et leur dire quen fait on nest pas encore mort, malgré le petit côté tombe-en-ruine de votre main.
99. Respirer lair pur, admirer la beauté de lOcéan.
100. Regretter New York et sa pollution, pourtant.
101. Se motiver pour écrire les Lundis de Dolce Vita, et sous pression de son fan club, trouver « 101 choses à faire à San Sébastien »
Le lecteur se rendra ainsi compte que la vie est pleine dimprévus qui remplissent les journées de sa chroniqueuse préférée.
1. Dire « Donostia » et non pas « San Sébastien » vous évitera quon vous prenne pour un touriste américain fraîchement débarqué. Bienvenue en Pays Basque.
2. Se promener dans la vieille ville et admirer les églises de San Vicente (XVIème siècle) et Santa Maria (XVIIIème siècle).
3. Se rendre compte comme dhabitude que le plan du guide du routard a oublié la moitié des rues et que lautre moitié a changé de nom, entre temps.
4. Essayer daller au musée mais là aussi, maudire le guide qui sest planté dans les horaires.
5. Dîner de pintxos.
Note. Le basque est susceptible. Chez lui on ne parle pas des tapas comme dans lEspagne castillane mais on de pintxos. On risquerait fort de vous prendre pour un touriste américain sinon.
6. Apprendre le basque pour survivre sans quon vous prenne pour un touriste américain Enfin au moins les bases. Le x se prononce ch et le k final est un s. Ainsi on notera que bonjour se dit Kaixo, Au revoir Agur et merci Eskerik asko (mais là, on est autorisé à se fendre dun Gracias si on a peur de postillonner sur son interlocuteur).
7. Visiter lAquarium. Donostia possède en effet une jolie collection de petits requins, dont la majorité sont nés à lAquarium. Qui fournit également une bonne partie des aquariums dEurope en plancton et algues. Qui leut cru.
8. Aller déjeuner au Kursaal, le restaurant de Martin Berasategui, chef basque de son état qui ouvre le XXIème siècle en mariant la cuisine traditionnelle locale à des trouvailles modernes de son invention. Succulent.
9. Digérer en se faisant la promenade jusquen haut du Monte Urgull, en allant doucement dans les lacets. La montée nest pas très longue mais tout de même. Et puis après le repas cest toujours difficile, mais nécessaire si on ne veut pas ressembler au touriste américain sus-cité.
10. Profiter du panorama en arrivant en haut. Pour admirer la ville que lon voit entièrement, avec la baie de la Concha, mais également pour souffler un peu. Cest pas quon soit un touriste américain mais tout de même.
11. Décider le soir daller sen mettre un coup derrière la cravate avec un baratton au milieu de ce panorama animé quest la vieille ville.
12. Passer dans un bar disco en attendant lheure douverture des boîtes (en théorie minuit, en pratique 1 heure, et en vérité avant 3 heures cest vide).
13. Se mettre minable au rhum coca (dites : una « cubata » por favor) ou à la sangria (application : una sangria por favor).
14. Réussir à sarracher sur le coup de 3 heures du matin pour aller faire un tour au Bataplan, temple de la techno local. Discothèque ultra moderne qui na rien à envier aux clubs hype de Manhattan, car elle donne sur la plage de la Concha et sa terrasse est fort appréciable.
15. Sémerveiller devant le prix des cocktails 6 Euros (et encore, pour la ville, cest cher).
16. Se commander un Mojito avec une paille et se le voir servir dans un verre à bière format pinte.
17. Agoniser un peu plus à cause de la fumée de cigarette.
18. Avoir les yeux qui pleurent et donc, finir par les fermer.
19. Sendormir sur la terrasse du Bataplan vers 6 heures, après avoir laborieusement achevé son Mojito.
20. Passer la barrière et terminer sa nuit, lové dans le sable, bercé par le bruit des vagues.
21. Se faire réveiller une heure plus tard par un régiment de mouettes toutes droit sorties de Finding Némo (A moi, A moi, A moi !)
22. Se réveiller en ayant la sale impression dembaumer le mégot refroidi et avec un sacré mal de cheveux.
23. Se relever, épousseter le sable et aller se prendre un café à La Perla, juste au dessus. En terrasse pour décuver.
24. Passer ensuite sa journée à dormir, soit au fond de son lit.
25. Ou, si le temps le permet, en maillot de bain sur la très chouette plage de la Concha (et sans les mouettes), histoire de faire dune pierre deux coups et de bronzer un chouia.
26. Se faire détremper sa serviette de bain pour avoir oublié que les marées de lOcéan Atlantique ont une envergure de plus de 40 centimètres, contrairement à la Méditerranée.
27. Avant de rentrer chez soi le soir, faire une escale dans une pharmacie pour senquérir de léquivalent local de la Biafine.
28. Se réjouir davoir une colloc compatissante pour se faire tartiner le dos de la Biafine sus-citée.
29. Se réconcilier avec la vie devant une assiette de churros et de chocolat brûlant.
30. Réussir à terminer le chocolat sans sétouffer. Une fois refroidi, il ressemble plutôt à de la crème Mont Blanc.
31. Se faire poser un piercing moins cher quen France.
32. Souffrir ensuite en se rendant compte que piercing non cicatrisé et sable ne font pas vraiment bon ménage.
33. Sortir dans la rue sans parapluie.
34. Rentrer dix minutes plus tard dans la première boutique venue pour sabriter.
35. Se racheter un parapluie dès que possible.
36. Se le faire arracher par une bourrasque de vent deux jours plus tard.
37. Décider dinvestir à long terme : dans un imperméable avec capuche.
38. Aller voir un film sorti quatre mois plus tôt aux US.
39. Mourir de rire devant le doublage en Espagnol.
40. Se rassurer plus tard avec la version en DVD qui permet le choix en VO.
41. Profiter de lécole de coiffure du coin et aller se faire couper les cheveux pour la modique somme de 5 euros.
42. Aller se ruiner au casino.
43. Une fois bien ruiné, rentrer chez soi et se remettre au rythme de vie pépère de la ménagère de moins de 50 ans.
44. Couch-potato-iser devant la téloche.
45. Rester des heures devant des programmes gnan gnan parce quil ny a pas de télécommande (à part vous).
46. Se lever pour aller faire la bouffe.
47. Se rendre compte dimanche matin que le frigo est désespérément vide.
48. Râler, évidemment On reste français quelque soit la situation.
49. Réaliser dimanche matin que les supermarchés vont rester fermer jusquà lundi matin, 9 heures.
50. En profiter pour dégivrer et nettoyer le frigo sus cité, puisquil est vide.
51. Et, en vrac, on peut alors aussi : passer laspirateur, laver par terre, faire les vitres, la poussière, une petite lessive, du repassage, etc.
52. Envisager de racheter un vélo doccasion pour se balader plus facilement dans la ville.
53. Réaliser ensuite quil ne passe pas dans la cage dascenseur et que la co-propriété en interdit le stockage dans lentrée.
54. Le laisser cadenassé au banc devant son immeuble.
55. Sen servir de temps en temps pour sortir, en le remettant toujours au même endroit.
56. Se rendre compte un matin que des petits malins vous lont piqué en prenant bien soin de vous laisser le cadenas au cas où vous décideriez den avoir un autre à leur refiler.
57. Jurer en français jusquà plus soif sur tout le trajet à pied jusquà lUniversité.
58. Tenter de rester éveillé autant que possible pendant les quatre laborieuses heures de cours de la journée.
59. Sortir de cours et trouver sur le parvis de votre Université un chaton qui vient de se faire à moitié écraser, le train arrière paralysé.
60. Décider de se la jouer bonne samaritaine et de lamener chez un vétérinaire.
61. Abandonner lidée une fois que la bestiole vous a mordu jusquau sang.
62. Courir à la pharmacie la plus proche qui vous rassure en vous disant que si votre main enfle trop, cest peut-être la rage, il faudra appeler les urgences.
63. Passer le reste de la journée à surveiller sa main et la voir bleuir doucement, le téléphone à portée de lautre main valide prêt à dégainer le 112
64. Vérifier tout de même dans le dictionnaire comment on dit « mordre » et « bleuir » au cas où les urgences le demanderaient.
65. Aller se coucher après avoir ingurgité une aspirine, au cas où.
66. Se réveiller le lendemain matin et réaliser que la main a viré au rouge uniforme.
67. Entamer des fouilles archéologiques pour dégoter le formulaire E111 qui permet de bénéficier des soins médicaux dans lUnions Européenne sans débourser un centime
68. Se souvenir que vos parents vous ont changé de mutuelle (le remboursement via la nouvelle sera tellement plus facile)
69. Aller prendre lEusko Tren, alias Topo du Pays Basque, qui vous emmène en 35 minutes à Hendaye en territoire civilisé où la Carte Vitale règne en sauveuse.
70. Se diriger vers la pharmacie judicieusement implantée devant la Gare.
71. Expliquer calmement pour la n-ième fois ce qui nous amène.
72. Sentendre dire que cest grave et que comme on est samedi oublier le médecin et aller directement aux Urgences.
73. Monter dans un taxi et lui indiquer les Urgences de la Polyclinique de la Côte Basque Sud de Saint Jean de Luz. Avec le sourire, parce que sil apprend que vous risquez davoir la rage, il va vous évacuer au premier feu rouge venu.
74. Ne pas le mordre, donc, le pauvre homme.
75. Arriver aux urgences à 9h32 a.m. tapantes.
76. Remplir le formulaire machin chouette qui demande pourquoi vous êtes venu (là, se féliciter que le chat nait pas mordu la main avec laquelle vous écrivez parce que vous nêtes pas encore un expert en écriture avec le pied ou la bouche)
77. Aller se morfondre dans la « salle dattente des familles » où la clim est trop forte, et le ficus se prend au jeu de lautomne en laissant tomber gaiement toutes ses petites feuilles.
78. Constater que pour linstant vous ne bavez pas encore (cest peut être pas encore la rage ?)
79. Imaginer des tas de morts différentes à cause de cette foutue blessure, dans le laps de temps que vous laissent les « Urgences » pour dépérir tel le ficus sur votre chaise dans la salle dattente.
80. A 10h48, voir arriver une infirmière et se faire conduire dans une « salle de soins » où lUrgentiste arrive de suite.
81. A 11h13, expliquer calmement pour la n+1-ième fois à lUrgentiste qui vient darriver que vous avez soit le Tétanos, soit la rage, soit le Cancer du Sida (et que sil ne se dépêche pas un peu plus vous allez le mordre, dans un pic de rage).
82. Le laisser vous tâter la main et appuyer là où ça fait très mal, toujours sans le mordre (quelle maîtrise de soi).
83. Chercher désespérément à se rappeler quand est ce quon a fait notre dernier rappel de vaccin contre le Tétanos pour éviter une piqûre.
84. Se laisser conduire dans la salle dattente de traumatologie (« au cas où ce soit très infecté on va faire une radio »).
85. A 11h27, aller patiemment sasseoir dans la salle de radiologie numéro 4, deuxième porte à gauche.
86. Avoir le temps détudier le décor de la salle en attendant le radiologiste en retard. Imaginer encore une douzaine de fins atroces dont la gangrène purulente.
87. A 11h38, se retenir de ne pas grogner ou baver quand le radiologiste manipule sans douceur votre mimine douloureuse pour la placer comme il lentend sur la plaque afin de procéder à la radio, on ne bouge plus mademoiselle.
88. A 11h41, se faire reconduire dans la salle dattente des familles avec le ficus pour qui on approche de lhiver à grands pas.
89. A 11h58, se faire appeler par lUrgentiste qui vous prescrit lantibiotique « tueur de germes quels quils soient », et de lanti-inflammatoire/antidouleur à 1200 mg/jour (limite à ne pas dépasser sous peine dun retour express aux Urgences de la Polyclinique de la Côte Basque Sud de Saint Jean de Luz).
90. Se faire ramener par le brave chauffeur de taxi de tout à lheure qui est rassuré puisquon na pas la rage et tient donc absolument à vous faire la conversation.
91. Etre dune zénitude absolue grâce aux médicaments quon vous a prescrits.
92. Feindre lendormissement pour éviter de répondre aux questions du brave chauffeur de taxi (« et vous parlez basque ? Et vous habitez ici ? Et je suis pas trop curieux ?)
93. Rentrer chez soi et se préparer son petit cocktail de médocs miam miam.
94. Sécrouler pour une sieste bien méritée vous et votre main violette (oui, entre temps elle a viré au violet).
95. Se réveiller sur le coup de 17 heures et voir quil fait toujours beau.
96. Entendre à la radio quil fait presque 30°C et quon est un des points les plus chauds dEurope en ce début de mois dOctobre.
97. Aller se promener un chouia pour décompresser.
98. Appeler ses parents et leur dire quen fait on nest pas encore mort, malgré le petit côté tombe-en-ruine de votre main.
99. Respirer lair pur, admirer la beauté de lOcéan.
100. Regretter New York et sa pollution, pourtant.
101. Se motiver pour écrire les Lundis de Dolce Vita, et sous pression de son fan club, trouver « 101 choses à faire à San Sébastien »
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